Prendre la parole en public s’apprend, se travaille et surtout se pratique.
Ma méthode est fondée sur mes deux expériences, comme comédienne et pédagogue. Elle repose sur l’observation, la pratique et des outils précis, dans un cadre propice à l’expérimentation.
On se filme, on observe, on analyse et on identifie des axes de progression concrets.
Le travail s’appuie aussi sur le corps, la voix, le regard, l’intention, le rythme et le silence : autant de dimensions qui permettent de développer sa présence, sa justesse et son impact, tout en laissant place à l’expression personnelle.
L’objectif n’est pas de correspondre à un modèle de « bon orateur », mais de permettre à chacun de trouver sa manière de prendre la parole, pour être plus clair, plus présent et plus convaincant.

UNE PROGRESSION EN QUATRE MOUVEMENTS​​​​​​​
1 — JE M’OBSERVE
Prendre conscience de ce que je donne à voir et à entendre
Avant de chercher à modifier sa prise de parole, il faut apprendre à l’observer.
Regard, posture, gestes, débit, silences, tics de langage… Nous avons rarement une perception exacte de ce que nous faisons lorsque nous parlons.
Cette première étape permet de poser un état des lieux concret et personnel : identifier ce qui fonctionne déjà, prendre conscience de certains automatismes et déterminer quelques axes de progression précis.
La vidéo peut accompagner ce travail et permettre de rendre visibles les évolutions au fil du parcours.
L’objectif : ne pas chercher à tout changer, mais savoir précisément sur quoi agir.
2 — JE CHOISIS
Savoir à qui je m’adresse, ce que je veux transmettre et dans quel but
Une prise de parole n’existe jamais dans l’absolu. La première question à se poser est : à qui est-ce que je m’adresse ?
C’est à partir de cet interlocuteur que je peux ensuite préciser ce que je veux lui transmettre et ce que je souhaite provoquer chez lui : informer, convaincre, rassurer, émouvoir, faire réfléchir…
C’est également ici qu’intervient l’un des principes issus de mon expérience théâtrale : le masque d’orateur.
Il ne s’agit ni de jouer un rôle ni de devenir quelqu’un d’autre. Nous possédons tous différentes facettes de notre personnalité. L’enjeu est d’apprendre à mobiliser consciemment celle qui sera la plus juste et la plus efficace face à cet interlocuteur, pour porter ce message et cette intention.
L’objectif : déplacer progressivement son attention de « Qu’est-ce qu’on pense de moi ? » vers « À qui est-ce que je parle et qu’est-ce que je veux lui faire passer ? ».
3 — J’INCARNE
Mettre mon corps et ma voix au service de mon message
Savoir ce que l’on veut dire ne suffit pas : encore faut-il réussir à le faire entendre.
Cette troisième étape travaille la présence de l’orateur : le corps, le regard, la voix, l’articulation, le débit, le rythme, l’intonation et le silence.
Il ne s’agit pas d’apprendre une collection de « bonnes postures » ou de gestes à reproduire. Le travail consiste au contraire à comprendre comment ces différents éléments peuvent servir naturellement une intention et donner davantage de force au message.
Le silence lui-même devient un outil : il peut remplacer certains automatismes, laisser à l’autre le temps de recevoir une idée ou donner davantage de poids à ce qui va suivre.
L’objectif : trouver une présence qui ne soit ni figée ni artificielle, mais pleinement au service de ce que l’on veut transmettre.
4 — JE PRÉPARE ET JE RÉPÈTE
L’objectif : maîtriser suffisamment son chemin pour pouvoir, le moment venu, être pleinement présent à son interlocuteur.
C’est un autre enseignement essentiel du théâtre : un comédien ne répète pas pour être prisonnier de ce qu’il a préparé. Il répète pour pouvoir être libre le moment venu.
Cette logique s’applique à la prise de parole.
Préparer ne signifie pas apprendre un texte par cœur. Il s’agit de structurer sa pensée, hiérarchiser ses idées, identifier l’essentiel et connaître suffisamment le chemin de son intervention pour ne plus avoir besoin de réciter.
La répétition permet ensuite de gagner en disponibilité, de mieux faire face à l’imprévu, au trou de mémoire ou aux questions et de se rapprocher progressivement des conditions réelles de la prise de parole.
« Prendre la parole, ce n’est pas apprendre à devenir quelqu’un d’autre. C’est apprendre à choisir et à mobiliser les ressources qui sont déjà en nous pour faire parvenir un message à quelqu’un. »